Vous pensiez qu’après la roue, il était impossible d’innover ? Attendez de découvrir la SuperWheel ! Cette roue qui promet du “vent dans le dos” sans moteur ni batterie sème la zizanie dans le monde du vélo. Géniale trouvaille ou belle entourloupe ? Plongée dans une invention au goût de révolution… ou d’arnaque, c’est selon.
SuperWheel : une promesse sans fil ni batterie
Fini les moteurs, adieu les batteries, circulez les piles, y’a plus rien à voir ! La SuperWheel, sortie tout droit de l’imagination de Simon Chan (précisément développée en Irlande avant de « grandir » à Andernos-les-Bains près de Bordeaux), se présente comme la roue de vélo la plus ingénieuse du moment. Son principe repose sur le poids du cycliste, la gravité… et la magie mécanique des ressorts. Original, non ? Elle pourrait tout aussi bien faire partie des innovations en vélo électrique français.
En cœur du mécanisme : des ressorts malins (selon ses promoteurs) situés en haut et au centre de la roue. Leur secret ? Se charger lors de la pression liée au poids du cycliste puis se décharger pour booster la rotation. D’après le constructeur, la SuperWheel permettrait de gagner jusqu’à 30 % de capacité de pédalage. Pour résumer, c’est comme rouler avec le vent dans le dos, le tout sans jamais recharger une batterie ni polluer !
Du « vélo assisté » sans électricité : mode d’emploi… et bémols
Ce qui fait l’attrait de la SuperWheel, c’est son ambition de transformer n’importe quel vieux biclou en vélo « assisté », sans électricité. Pour cela, il suffit (enfin, à condition d’avoir deux mains droites) de remplacer la roue arrière par une SuperWheel. Disponible en 700 mm et 26 pouces, jusque 9 vitesses, elle s’adapte à la plupart des vélos du commerce à condition que les diamètres correspondent. Notons tout de même une ombre au tableau : impossible de l’utiliser avec des freins à disque, hélas de plus en plus courants. Pourquoi ? Son design particulier n’est pas compatible.
En pratique, la SuperWheel promet d’assister l’utilisateur dans la majorité des situations, histoire que les montées ne soient plus synonymes de galère. Toutefois, sur les grosses côtes, il faudra encore forcer un peu. Mais au quotidien, la marque assure que la différence se sent – même si l’on reste loin d’une assistance électrique traditionnelle.
Innovation ou arnaque ? La guerre des avis
Sur le papier, tout roule pour la SuperWheel. Brevet européen (datant de décembre 2021), dépôt international (WTECT : Weight to Energy Conversion Technology dans 87 pays), et distribution exclusive en France par CicloCaffè à Andernos. Mais l’innovation fait face à un peloton pas franchement acquis à sa cause… Cette innovation entre moto et voiture pourrait transformer la mobilité urbaine.
- Certains experts rappellent que le poids du cycliste ne peut physiquement pas aider à avancer sur des déplacements horizontaux. Les lois de la physique ne s’inclinent pas devant la créativité humaine.
- L’ajout de ressorts n’aiderait ni à lisser le pédalage, ni à restituer l’énergie lors des accélérations. Pour ces détracteurs, on déplace juste l’effort, parfois créant du désagrément pour le cycliste (effet de « déphasage » peu sympathique, voire dangereux pour les tibias inattentifs).
- La promesse rappelant le volant moteur d’un véhicule thermique – créant une illusion de facilité tant que la roue est lancée – ne convainc pas tout le monde, surtout qu’il faut ensuite remettre de l’énergie pour accélérer.
- L’existence d’un brevet ou la vente de quelques dizaines d’exemplaires ne ferait pas la preuve de son efficacité.
- Côté compatibilité moderne, l’absence de prise en charge des freins à disque fait tiquer à l’heure où ils deviennent la norme.
- L’artisanat local et les démonstrations publiques n’écrasent pas non plus la prudence des sceptiques : trop beau pour être vrai ?
La marque, elle, contre-attaque avec des retours positifs : des vélos de location équipés ont séduit des centaines de curieux ou d’usagés, certains capteurs de puissance confirmeraient le « sentiment de facilité », et même des ingénieurs sceptiques seraient repartis bluffés après essai. L’éternel débat de la bouteille à moitié pleine ?
Le mot de la fin : où placer la SuperWheel ?
Alors, rêve d’ingéniosité ou mirage mécanique ? La SuperWheel fascine, divise, intrigue, fait sourire voire grincer des dents les amoureux de vélo et de sciences. Brevets, ventes, essais et échanges passionnés ponctuent la vie de cette innovation.
Avant de jeter votre dérailleur à la rivière en changeant de roue, un conseil : mieux vaut tester par vous-même. Après tout, la seule façon de départager magie et mécanique, c’est bien souvent de pédaler un bon coup !

Spécialiste du monde automobile et moto, Arnaud Teston décrypte les tendances, les innovations techniques et l’actualité du secteur avec exigence et clarté. Son regard affûté s’adresse aussi bien aux amateurs éclairés qu’aux professionnels curieux. Entre passion et précision, ses articles sont le reflet d’une culture auto-moto solide et vivante.







